vendredi 6 février 2026

Permis EPONA : pas d'autorisation du propriétaire, pas de recherche !

Le Code minier vs. L'Arrêté de permis

Le Code minier (article L. 153-1) donne un cadre juridique aux recherches :


Cependant, la lecture de l'article 4 de l'annexe de l'arrêté de permis EPONA  en élargi le champ:


  En droit administratif :

  • Un arrêté (le permis) ne peut pas techniquement "modifier" la loi (le Code).

  • En revanche, l'État peut choisir d'imposer des prescriptions particulières au titulaire du permis. C'est ce qui est fait pour EPONA. 

Le "consentement préalable" : une contrainte supplémentaire

En écrivant cette phrase, l'autorité qui a délivré le permis (le ministère) a pris une décision forte : elle a supprimé le droit pour l'exploitant de passer en force.

  • Dans le droit commun (Code minier) : Si vous refusez l'accès, l'exploitant peut demander au préfet une autorisation forcée.

  • Dans le permis EPONA: L'article 4 impose le consentement du propriétaire pour tous les travaux (même les simples levés géophysiques ou la géochimie, qui sont pourtant peu invasifs). Si le propriétaire refuse, l'exploitant est bloqué. Il ne peut pas s'appuyer sur le permis pour forcer l'entrée, car ce même permis lui interdit d'agir sans accord.

Pourquoi une telle rédaction ?

C'est une pratique qui vise à  favoriser "l'acceptabilité sociale" des projets miniers. Le gouvernement veut éviter les conflits locaux frontaux. En insérant cette clause :

  1. Il oblige l'exploitant à une vraie concertation avec les propriétaires.

  2. Il se décharge de la responsabilité de devoir signer des arrêtés d'occupation forcée, très impopulaires.

Le titulaire du permis a accepté les conditions du titre au moment où il lui a été accordé. En signant le permis avec cet article, il renonce de fait à utiliser les outils de contrainte que le Code minier mettait théoriquement à sa disposition.

Les recours possibles pour l'exploitant

Face à un refus massif des propriétaires, l'exploitant n'a que deux issues :

  • La négociation financière : Proposer une indemnité d'occupation plus élevée pour convaincre le propriétaire.

  • Le contournement : Modifier son programme de travaux pour ne faire des sondages que sur les parcelles où il a obtenu un accord (souvent des terrains communaux ou de propriétaires favorables).

À noter : un collectif de propriétaires peut utiliser des "formulaires de refus de consentement" pré-remplis pour bloquer juridiquement toute intrusion sur des dizaines de milliers de parcelles d'un coup.



En conclusion : Pour ce permis spécifique, le propriétaire est en position de force. Contrairement au régime général du Code minier où l'État peut trancher le litige, ici, le "Non" d'un propriétaire est un veto définitif pour les travaux sur sa parcelle.